Vous venez d’acheter une voiture d’occasion à un particulier. Le véhicule est à vous, mais le certificat d’immatriculation porte encore le nom du vendeur — et tant que ce n’est pas corrigé, c’est lui qui reçoit les amendes. Voici comment se déroule la démarche, et les points où les dossiers se bloquent.
Vous disposez d’un délai d’un mois
Le Code de la route impose de faire établir un certificat à votre nom dans le mois qui suit l’acquisition. Passé ce délai, circuler avec une carte grise qui n’est pas à votre nom constitue une infraction, contrôlable à tout moment.
Ce délai court à partir de la date de cession inscrite sur le certificat de cession — pas de la date où vous avez récupéré le véhicule, ni de celle où vous vous en êtes occupé.
Ce que le vendeur doit vous remettre
Trois documents, sans lesquels le dossier ne peut pas avancer :
- Le certificat d’immatriculation barré, portant la mention « vendu le » ou « cédé le » suivie de la date et de l’heure, et signé. C’est l’erreur la plus fréquente : un certificat barré sans heure, ou non signé, fait rejeter le dossier.
- Le certificat de cession (formulaire Cerfa), rempli et signé par les deux parties. Chacun en garde un exemplaire.
- Le certificat de situation administrative, souvent appelé « non-gage », de moins de quinze jours. Il atteste que le véhicule n’est ni gagé ni frappé d’opposition.
Si le véhicule a plus de quatre ans, un contrôle technique en cours de validité est également exigé. Attention à sa fraîcheur : il doit dater de moins de six mois à la date de la cession — et de moins de deux mois si une contre-visite a eu lieu. C’est plus court qu’on ne le croit : vérifiez la date avant de conclure, pas après.
Le code de cession : utile, mais pas indispensable partout
Quand le vendeur déclare la vente sur le site public, il obtient un code de cession qu’il doit vous transmettre. Ce code permet à l’acheteur de poursuivre la démarche en ligne sur ce même site.
C’est aussi le point de blocage le plus courant : un vendeur qui a oublié de déclarer la vente, qui a perdu le code, ou qui ne répond plus laisse l’acheteur sans solution évidente. Un professionnel habilité au SIV peut établir le certificat sans ce code, à partir des documents signés. C’est souvent la seule issue quand le contact avec le vendeur est rompu.
Ce que vous devez fournir de votre côté
- Une pièce d’identité en cours de validité.
- Un justificatif de domicile récent. Si vous êtes hébergé, il faut y ajouter une attestation d’hébergement et la pièce d’identité de l’hébergeant.
- Le permis de conduire n’est pas exigé pour immatriculer un véhicule : on peut être titulaire d’une carte grise sans permis.
Ce que vous allez payer
Le montant se compose de plusieurs taxes distinctes, dont la principale dépend de la puissance fiscale du véhicule et du tarif voté par votre région. S’y ajoutent des taxes fixes de faible montant.
Un véhicule d’occasion déjà immatriculé en France n’est pas soumis au malus écologique : celui-ci ne concerne que les premières immatriculations sur le territoire. En revanche, un véhicule importé qui reçoit sa première plaque française y est soumis.
Si vous passez par un professionnel, ses frais de service s’ajoutent aux taxes. Ils doivent être annoncés séparément — un montant global qui mélange les deux vous empêche de comparer.
Le certificat provisoire
Une fois le dossier accepté, un certificat provisoire d’immatriculation peut, selon les cas, permettre de circuler en attendant le titre définitif, qui arrive ensuite par voie postale.
Un point mérite attention : le titre est expédié à l’adresse figurant au dossier, en lettre suivie. Une adresse incomplète — numéro manquant, bâtiment ou étage non précisé — se traduit par un courrier non distribué et une nouvelle démarche.
Les cinq blocages les plus fréquents
- Certificat barré sans l’heure. La date seule ne suffit pas.
- Discordance de nom entre le certificat de cession et le titulaire figurant sur la carte grise.
- Contrôle technique périmé à la date de la cession.
- Justificatif de domicile trop ancien ou au nom d’une autre personne sans attestation d’hébergement.
- Certificat de situation administrative daté de plus de quinze jours au moment du dépôt.
Et si vous achetez à un professionnel
Le circuit diffère : le professionnel établit une déclaration d’achat, et le certificat de cession entre particuliers ne s’applique pas. Précisez-le dès le départ si vous confiez le dossier à un tiers, car la liste des pièces n’est pas la même.
Ce qu’il faut retenir
Un mois pour agir, trois documents à obtenir du vendeur, et une vérification à faire avant même de payer le véhicule : la validité du contrôle technique et la cohérence entre l’identité du vendeur et le titulaire inscrit sur le certificat.
La démarche est réalisable sans frais de service sur le site public, à condition de disposer du code de cession et d’un compte. Un accompagnement payant se justifie quand ce n’est pas le cas — ou quand vous préférez que les pièces soient vérifiées avant dépôt plutôt qu’après un rejet.
Questions fréquentes
Combien de temps ai-je pour faire la carte grise après l’achat ?
Un mois à compter de la date d’acquisition. Passé ce délai, vous circulez avec un certificat qui n’est pas à votre nom, et vous vous exposez à une amende.
Le vendeur a oublié l’heure sur le certificat barré. Est-ce grave ?
Oui, c’est le motif de rejet le plus fréquent. La date seule ne suffit pas : il faut la date ET l’heure de la cession, avec la signature du vendeur. Faites-le compléter avant de déposer le dossier.
Puis-je rouler en attendant la carte grise définitive ?
Oui, avec le certificat provisoire d’immatriculation délivré une fois la démarche enregistrée. Il vous autorise à circuler en France pendant la fabrication et l’acheminement du titre définitif.
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