L’essai routier s’est bien passé, le prix est convenu, le vendeur presse un peu. C’est exactement le moment où l’on saute les vérifications qui comptent. En voici sept, toutes réalisables avant de sortir le moindre euro.
1. Le vendeur est-il bien le titulaire ?
Comparez le nom figurant en case C.1 du certificat avec la pièce d’identité du vendeur. Ils doivent correspondre.
S’ils diffèrent, il y a une explication possible — le titulaire est le conjoint, un parent, une société — mais alors la personne qui signe doit être habilitée à le faire. Un véhicule vendu par quelqu’un qui n’en est pas titulaire et qui n’a pas de mandat vous laissera avec un dossier impossible à monter.
2. Le certificat de situation administrative
Ce document, souvent appelé « non-gage », révèle deux choses décisives :
- si le véhicule fait l’objet d’un gage — un crédit non soldé garanti sur le véhicule ;
- s’il est frappé d’une opposition — vol déclaré, procédure en cours, expertise après sinistre.
Il doit dater de moins de quinze jours. Point important : il s’obtient gratuitement et instantanément en ligne. Un vendeur qui refuse de le fournir, ou un site qui vous le facture, méritent tous deux votre méfiance.
3. Le contrôle technique
Pour un véhicule de plus de quatre ans, le procès-verbal doit dater de moins de six mois à la date de la cession — moins de deux mois si une contre-visite a eu lieu.
Lisez-le, ne vous contentez pas de vérifier la date. Un contrôle « favorable » peut mentionner des défaillances mineures qui annoncent des réparations. Un contrôle qui vient d’être passé la veille de la vente n’est pas suspect en soi, mais il mérite une lecture attentive.
4. Le numéro VIN, sur le véhicule et sur le papier
Le numéro d’identification figure en case E du certificat. Il est aussi gravé sur le châssis et reproduit sur une plaque constructeur.
Vérifiez qu’ils correspondent, caractère par caractère. Une discordance, une gravure qui semble retouchée, une plaque qui paraît rapportée : arrêtez-vous là. C’est le signal le plus sérieux qu’il puisse y avoir.
5. Le kilométrage
Recoupez ce qu’affiche le compteur avec :
- les kilométrages relevés lors des contrôles techniques successifs — ils sont historisés ;
- le carnet d’entretien et les factures ;
- l’usure réelle : pédales, volant, sièges. Un intérieur très marqué sur un compteur modeste ne s’explique pas tout seul.
6. L’historique administratif du véhicule
Certains véhicules ont connu un sinistre important suivi d’une procédure d’expertise. Cela ne les rend pas invendables, mais cela doit être connu de l’acheteur.
Le certificat de situation administrative révèle les oppositions en cours. Pour aller plus loin, des services publics d’historique existent et permettent de retracer les événements déclarés sur un véhicule.
7. Les documents que vous devez repartir avec
Ne quittez pas les lieux sans :
- le certificat d’immatriculation barré, portant la mention « vendu le » avec la date ET l’heure, signé ;
- votre exemplaire du certificat de cession, signé par les deux parties ;
- le certificat de situation administrative ;
- le procès-verbal de contrôle technique ;
- idéalement, le carnet d’entretien et les factures.
L’heure sur le certificat barré n’est pas un détail : sans elle, votre dossier de changement de titulaire est incomplet, et la responsabilité du vendeur reste floue pour la journée entière.
Les signaux qui doivent vous faire renoncer
- Le vendeur refuse de fournir le certificat de situation administrative — alors qu’il est gratuit.
- Le nom sur la carte grise ne correspond à personne de présent, sans mandat.
- Le VIN gravé ne correspond pas au certificat, ou semble altéré.
- On vous presse d’acheter sans les papiers, avec promesse de les envoyer plus tard.
- Le prix est très inférieur au marché sans explication vérifiable.
Après l’achat
Vous disposez d’un mois pour faire établir le certificat à votre nom. Ne laissez pas courir ce délai : tant que la démarche n’est pas faite, les avis de contravention partent au nom du vendeur, et vous circulez avec un document qui n’est pas au vôtre.
Ce qu’il faut retenir
Cinq minutes de vérification avant de payer valent mieux que six mois de procédure après. Les trois points non négociables : l’identité du vendeur, le certificat de situation administrative, et la concordance du VIN entre le papier et le châssis.
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