Au décès d’un proche, le véhicule fait partie de la succession. Le certificat d’immatriculation reste au nom du défunt tant qu’une démarche n’a pas été engagée — et selon ce que les héritiers décident d’en faire, le chemin n’est pas le même. Voici les trois voies possibles.
D’abord : que va-t-on faire du véhicule ?
C’est la question qui détermine tout le reste, et elle se pose avant de réunir la moindre pièce.
Voie 1 — le conjoint survivant figure déjà sur le certificat
Si la carte grise porte la mention « M. ou Mme » et que le conjoint survivant y est nommé, la situation ne relève pas de la succession au sens administratif. C’est un changement de situation matrimoniale : le conjoint reste titulaire, et la démarche est plus simple.
C’est la confusion la plus fréquente, et elle envoie les dossiers dans la mauvaise file.
Voie 2 — un héritier garde le véhicule
Le certificat est établi au nom de cet héritier. C’est la voie de la succession proprement dite, et elle suppose de prouver deux choses : la qualité d’héritier, et l’accord des autres héritiers s’il y en a.
Voie 3 — le véhicule est vendu
Il n’est pas nécessaire de mettre d’abord le certificat au nom d’un héritier pour vendre. Les héritiers peuvent céder directement le véhicule, en signant tous le certificat de cession. Cela évite une démarche et son coût.
Les pièces à réunir
- L’acte de décès.
- Un justificatif de la qualité d’héritier. Attention : les mairies ne délivrent plus de « certificat d’hérédité ». Selon la situation, il s’agit d’un acte de notoriété établi par un notaire, ou d’une attestation signée par l’ensemble des héritiers pour les successions modestes.
- L’accord des autres héritiers si le véhicule revient à l’un d’eux : lettre de désistement de chacun, ou acte notarié de partage.
- Le certificat d’immatriculation du défunt. S’il est introuvable, il faut y joindre une déclaration de perte.
- Pièce d’identité et justificatif de domicile du nouveau titulaire.
- Contrôle technique en cours de validité si le véhicule a plus de quatre ans et change de titulaire.
Circuler entre-temps
Une tolérance existe pour permettre aux héritiers de déplacer le véhicule dans les suites immédiates du décès — le temps de régler la succession, de rapatrier la voiture ou de la mettre en vente.
Cette tolérance a des limites, et elle n’est pas indéfinie. Deux points concrets à vérifier sans attendre :
- L’assurance. Prévenez l’assureur du décès. Un contrat au nom du défunt ne couvre pas nécessairement un héritier au volant, et c’est le point le plus risqué de toute la période.
- Le délai. La demande de nouveau certificat doit être engagée sans tarder une fois la dévolution successorale réglée.
Le cas des héritiers multiples
C’est là que les dossiers s’enlisent. Si trois enfants héritent et que l’un garde la voiture, il faut le désistement écrit des deux autres — ou un acte notarié qui l’établit.
Sans ce document, l’administration n’a aucun moyen de savoir que l’attribution est consentie, et le dossier reste en attente. Anticipez-le : c’est plus simple à obtenir dans les semaines qui suivent qu’un an plus tard.
Un véhicule en location au moment du décès
Si le véhicule était en LOA ou LLD, il n’appartenait pas au défunt : la société de location en est propriétaire. Il faut la contacter directement — la succession porte sur le contrat, pas sur le véhicule, et les règles dépendent de ce que ce contrat prévoit.
Combien cela coûte
L’établissement d’un nouveau certificat au nom d’un héritier donne lieu aux taxes habituelles : la part régionale, qui dépend de la puissance fiscale et du tarif de votre région, plus la taxe fixe de 11 € et la redevance d’acheminement de 2,76 €.
Certaines situations successorales ouvrent droit à des aménagements. C’est un point à vérifier plutôt qu’à supposer : cela dépend du lien avec le défunt et de la nature de la transmission.
Ce qu’il faut retenir
- Identifiez la voie avant tout : conjoint déjà titulaire, héritier qui garde, ou vente directe.
- Le certificat d’hérédité n’existe plus : c’est un acte de notoriété ou une attestation des héritiers.
- Le désistement des autres héritiers est ce qui bloque le plus de dossiers.
- Prévenez l’assureur immédiatement — c’est le risque le plus immédiat.
- Vendre directement évite une démarche et son coût.
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